S’il est un domaine en constante évolution, ce sont bien les nouvelles technologies de communication appliquées à la santé. Cependant, bien que leurs avantages sont évidents, leur déploiement n’est pas encore généralisé.

La faute à un manque de lien entre éditeurs de logiciels et professionnels de la santé ? Peut-être.

Contrairement à ce qu’on peut penser, le problème des objets connectés en santé réside bien plus dans l’usage que dans le défi technologique. La solution passerait alors par la structuration d’organismes et d’agences de communication en santé pour créer des ponts entre les différents acteurs du milieu.

La santé connectée au sein de la communication médicale

Bien au-delà de ce qu’on connait des objets connectés, ces outils digitaux ont une réelle utilité en santé publique. Ils ont une place à prendre au cœur d’une stratégie de communication et de soins avec :

  • les patients
  • le personnel soignant
  • et le grand public.

C’est d’ailleurs sur la thématique des évolutions numériques que s’est tenu le 7e Forum de Santé de Nouvelle-Aquitaine auquel nous avons assisté le 6 décembre dernier. L’occasion pour les chercheurs et startups de venir présenter leurs innovations en matière de bio-impression 3D, de lutte contre le cancer ou autres outils de communication au moyen de nouvelles applications mobiles. Toutes les facettes de la santé connectée y étaient représentées.

D’abord, un peu de pédagogie. Clarifions les termes. La e-santé, c’est quoi ?

En réalité, ce terme regroupe quatre volets :

  • La transmission et le partage d’informations et de données
  • La télémédecine, consultations et actes médicaux à distance
  • 
La télésurveillance et les outils de contrôle à distance
  • Les réseaux d’échanges et de médiations relationnelles, organisationnelles, éducationnelles

Pour faire simple, ce sont tous les actes et actions médicaux ou médico-sociaux posés utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Les acteurs des nouvelles technologies de l’e-santé en Nouvelle-Aquitaine

À Bordeaux, nous sommes au coeur d’une région très prolifique en matière de nouvelles technologies de la santé.
La e-santé dans le Sud-Ouest, c’est :

  • 50% des effectifs nationaux concentrés en Aquitaine
  • Plus de 170 acteurs économiques et scientifiques

Parmi les sociétés en plein essor, Sim for Health, fondée par Jérôme Leleu (@jeromeleleu), a collecté 5 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs (notamment Audacia, Bpifrance et la Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes) en début d’année pour développer ses solutions numériques et embaucher de nouveaux collaborateurs. Cette entreprise revendique la formation de plus de 22 000 professionnels soignants via des applications et des solutions de pédagogies immersives.

À l’instar de Sim for Health, de nombreuses startups voient le jour en Aquitaine et partout en France. Mais comment faire en sorte que chaque entreprise s’engage dans un processus de développement global de la e-santé? Comment éviter le travail en silo ? C’est l’une des missions des regroupements et clusters présents dans la région :

Le Cluster TIC Santé Aquitain

Le Cluster TIC Santé Aquitain illustre bien cette volonté de créer une synergie entre les différents protagonistes de la santé en Aquitaine. Fédérant les associations, laboratoires de recherches, médecins et ingénieurs, il coordonne et resserre les liens.

En plus de contribuer à renforcer le réseau, le Cluster a également pour mission la promotion des actions par une communication tant à l’interne qu’à l’externe. Ces actions ont notamment pour but d’accroître la notoriété et l’attractivité du territoire aquitain en matière de savoir-faire dans le secteur de la e-santé.

En somme, le Cluster sert à créer les conditions favorables au développement d’un marché pérenne et crédible pour la santé connectée.

Le GIPSO

Le GISPO regroupe quant à lui les entreprises pharmaceutiques du Sud-Ouest. Il œuvre pour la promotion et la collaboration des acteurs du domaine, et permet également une mise en relation entre les établissements publics de santé et d’enseignement, et les partenaires privés du secteur du médicament.

Le GIPSO a une difficulté supplémentaire liée à la législation particulière encadrant les médicaments. La loi encadre en effet les entreprises du médicament. Ils n’ont pas le droit de communiquer directement avec le public sur les médicaments vendus sur ordonnance. Le groupement devient alors un lieu de réflexion sur les moyens de rejoindre le grand public tout en respectant les contraintes légales. Le GIPSO est également à l’origine du Forum de Santé Nouvelle-Aquitaine auquel nous assistions.

Un travail collectif, une communication globale

Bien qu’encouragé par la Ministre de la Santé Marie-Sol Touraine, le secteur de la e-santé doit encore travailler à donner confiance aux consommateurs. Selon une récente étude, alors que 43% des Français utilisent déjà des objets connectés pour leur santé, la note de confiance liée à ces objets oscille entre 4,6 et 5,2 sur 10.

Bien que très utile, cette révolution numérique dans le domaine de la santé bouleverse les schémas traditionnels et ne convainc pas encore tout le monde. Le contact physique avec le médecin est encore solidement ancré dans les mœurs françaises. Christian Fillatrau, président du Cluster TIC Santé :

« Vous en connaissez beaucoup des médecins qui vous demandent encore de vous déshabiller ? Il n’y a déjà plus de consultation physique même si on se déplace jusqu’au cabinet ! Pourtant, l’obstacle culturel reste très important, notamment en France. La téléconsultation n’est pas encore acceptée. Mais quand on prend le temps d’expliquer aux patients qu’ils ont le choix entre une téléconsultation et devoir poireauter des heures dans une salle d’attente, ils comprennent vite l’intérêt de la chose. »

C’est vrai que vu comme ça, on ne peut d’adhérer à cette télémédecine qui limite le temps d’attente et de nombreuses frustrations.

L’effort doit donc être collectif afin de faire passer le message. C’est là que doit être établie une stratégie de communication santé pertinente, efficace et multicible. Rassurer les patients et convertir les médecins, prescripteurs de ces outils de communication médicaux, c’est l’objectif premier de ces organismes et agences de comm.


Nous tenons à remercier Monsieur Christian Fillatrau et Madame Nathalie Simonin pour leur disponibilité.